Livraison à vélo éthique et économiquement responsable à Bordeaux

À l’époque où nous débutions en 2017, nous avons rencontré les Coursiers Bordelais qui venaient de démarrer leur coopérative de livraison à vélo. Cherchant à s’éloigner du modèle d’exploitation, de style Uber, qui offrait le seul moyen d’être payé pour faire du vélo à l’époque. Au début, ils utilisaient notre café comme bureau, mais nous ne les voyons plus autant qu’avant. Nous avons donc pensé que nous les rattraperions pour voir comment ils vont.

 

Musette early days coursiers bordealais
Coursiers Bordelais à l’époche en 2017

 

L’entreprise est-elle maintenant ce que vous imaginiez que ce serait au début ? 

L’un des objectifs lorsqu’on a lancé l’entreprise c’était de pouvoir gagner notre vie en faisant ce qu’on aime c’est-à-dire faire du vélo. Alors je pense que là dessus, c’est à peu près ce que l’on imaginait. On fait des grosses journées de vélo sous toutes les conditions et on rentre rincés le soir. Ca c’est un objectif atteint !

Une seconde chose que l’on voulait c’était de créer notre environnement de travail autour d’un groupe de potes où chacun a son mot à dire dans les décisions. On a réussi à créer ce petit groupe bien équilibré dans lequel chacun a son poids et cela donne des débats et des idées qui avancent toujours.

Après on s’est lancés très vite parce qu’on a pensé que c’était le moment ou jamais, sans vraiment se projeter. Alors l’entreprise est aujourd’hui ce qu’elle est sans qu’on s’en soit fait une vision précise au début. On a pris les choses les unes après les autres et ça donne cette petite aventure qui continue de grandir.

 

 

Comment les choses ont-elles changé depuis le début ? 

Quand on s’est lancés il a fallu qu’on se fasse connaître alors on a appelé beaucoup d’entreprises, on est allés voir des commerçants, des journalistes. C’est une partie qui est assez difficile et que je n’apprécie pas trop pour être honnête. Mais aujourd’hui, on est sollicités tous les jours par des nouvelles personnes, que ce soit des potentiels clients, des journalistes, des personnes qui aimeraient nous rejoindre ou même des gens qui cherchent des renseignements pour lancer le même genre d’initiative. C’est l’un des principaux changements pour moi, le fait que l’on soit devenus un élément visible du paysage bordelais.

Un autre élément c’est le fait d’avoir défini précisément ce que l’on sait faire. On était beaucoup dans le tâtonnement au début et cela prenais du temps de faire des ajustements sur notre offre, parfois en faisant des erreurs. Aujourd’hui, avec l’expérience, on a beaucoup plus l’occasion d’être créatifs, c’est plus épanouissant. Un peu comme vous à Musette quand vous avez lancé les Rando Mollo ou avec votre nouveau projet d’organiser des voyages à vélo.

 

Selon vous, quelle est la partie la plus gratifiante de la gestion des Coursiers Bordelais?

Il y a une chose dont on est tous fiers, venant, du monde des auto-entrepreneurs et des plateformes de livraisons de repas, le salariat nous paraissait incroyablement lointain et on a finalement réussi à l’atteindre, en plus dans des conditions qui nous semblent aujourd’hui satisfaisantes. Être arrivés à s’émanciper d’un système qui ne nous plaisait pas mais dont on était dépendants c’est vraiment gratifiant !

Et je triche un peu, il y à une deuxième chose, je ne sais pas si c’est le sentiment de toute l’équipe mais, en tout cas personnellement, la meilleure chose qui arrive c’est une journée bien chargée, ensoleillée, où toutes les  livraisons s’enchainent nickel. En tant que passionné de vélo, le fait d’avoir pris autant de plaisir à passer une journée comme ça et de se dire le soir que ce n’est pas arrivé par hasard, ça c’est super plaisant !

 

Quels ont été les premiers jalons majeurs pour vous? 

Je pense qu’une étape vraiment importante, ça été lors de nos premiers recrutements l’année dernière. On s’est salariés tous les trois évidemment avant d’embaucher donc on est restés l’équipe originelle pendant assez longtemps et on a toujours eu des automatismes ensemble et une vision commune. Le fait de s’ouvrir à des visions différentes a été une étape vraiment perturbante mais très enrichissante. On s’est réorganisés et on a appris assez vite à se gérer en une équipe dissonante et plus en un groupe restreint et aux idées communes. Passée cette étape d’adaptation, je pense que l’on avance plus vite et surtout plus intelligemment.

Une seconde étape je pense est celle que l’on vit actuellement avec la période du Covid-19. On a été obligés de se réorganiser très rapidement et cela nous pousse à trouver de nouvelles idées et à lancer de nouveaux projets. On a noué des liens forts avec des associations qui s’occupent notamment de l’urgence alimentaire pendant la période du confinement et on essaye d’orienter notre modèle vers quelque chose de plus vertueux.

 

Coursiers Bordelais Musette Bordeaux
Ler Coursiers Bordelais aujourd’hui 2020

 

Quel type de vélos utilisez-vous? 

On utilise deux types de vélo. Nos vélos classiques avec un sac à dos. Ce sont tous des gravels, comme ce que vous vendez à la boutique. C’est le top pour foncer en ville, ils sont costauds, confortables, supers réactifs et avec des gros freins à disque. En plus, on est tous des fans de voyage à vélo, et ce genre de monture est parfaite une fois quelques sacoches ajoutées ! Sinon on utilise aussi des vélos cargo pour transporter des charges plus lourdes, et on a même une remorque.

 

Nous comprenons que vous venez de commencer à livrer de la nourriture des restaurants aux gens chez eux. Cela vous met en concurrence directe avec vos ennemis jurés Uber et Deliveroo! Comment allez-vous faire les choses différemment? 

En effet, c’est un projet qui nous tenait à cœur depuis longtemps et on pense que c’est le moment de se lancer étant donnée la situation des restaurants actuellement. On a tous commencé le métier de coursier par la livraison de repas sur ces plateformes et on a tous eu des grosses déconvenues avec elles. L’objectif de base du projet était d’aller les attaquer sur leur terrain, mais on ne disposait pas des moyens techniques ni de l’expérience pour. Aujourd’hui notre situation a bien changé et on se sent assez costauds pour enfin se lancer !

Le service sera très proche de celui de nos concurrents. Il suffira de choisir son restaurant, puis son plat sur notre plateforme sur laquelle il est possible de payer directement puis nous nous occuperons de la livraison. La principale différence viendra du modèle social que nous adoptons. Non seulement nous et les futurs autres livreurs sont et seront tous salariés mais nous allons plus loin avec le modèle coopératif car chaque personne a le même poids dans les décisions et sera donc maître des conditions de travail. Ce modèle apporte à nos yeux la flexibilité tant vantée par les plateformes de livraison pour justifier l’exploitation des travailleurs indépendants.

 

coursiersbordelais.fr

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